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RDC-Burundi : la réouverture de la frontière à Uvira, un geste politique audacieux dans un contexte sécuritaire fragile

Manasse
Publié le 25/02/2026 23:23
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RDC-Burundi : la réouverture de la frontière à Uvira, un geste politique audacieux dans un contexte sécuritaire fragile

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Uvira, 25 février 2026 – Une cérémonie symbolique a marqué, ce mercredi, la réouverture officielle de la frontière terrestre entre la République Démocratique du Congo et le Burundi au poste de Kavimvira-Gatumba, près d'Uvira. Présidée par le Vice-Premier ministre de l'Intérieur, Jacquemain Shabani, cette opération politique vise à projeter une image de normalisation et à relancer une économie régionale asphyxiée. Cependant, l'événement, écourté pour des raisons de sécurité, met en lumière les fragilités persistantes dans le Sud-Kivu et le pari risqué que prend Kinshasa.

Une délégation multisectorielle pour un enjeu complexe

La délégation gouvernementale, incluant également le ministre de l'Intégration régionale, Floribert Anzuluni, et la ministre d'État des Affaires sociales, Ève Bazaiba, illustre la dimension multiple de ce dossier : sécuritaire, économique et humanitaire. Le gouvernement tente ainsi de rassurer ses partenaires régionaux et internationaux sur la « restauration de l'autorité de l'État », un processus engagé selon Jacquemain Shabani après le retrait de la rébellion de l'AFC/M23 sous pressions américaines.

Pourtant, le briefing reçu à la résidence du gouverneur Jean-Jacques Purusi a rapidement rappelé la volatilité de la situation. La prudence des autorités, qui ont renoncé à une visite approfondie de la ville d'Uvira, interroge sur la pérennité de l'accalmie. La rébellion est-elle réellement dissoute ou simplement mise en veilleuse ? Cette question plane sur les discours officiels.

Un levier économique dans un contexte sécuritaire précaire

Sur le papier, la réouverture de cette frontière est vitale. Elle doit permettre de redynamiser les échanges transfrontaliers et de soulager des populations locales affectées par des mois de blocus. Elle est également présentée comme un geste de consolidation des relations bilatérales avec Bujumbura.

Mais la décision est-elle prématurée ? Dans un contexte où la menace des groupes armés n'a pas été éradiquée, le gouvernement congolais prend un risque calculé. Prend-il cette initiative pour stimuler l'économie locale, ou cède-t-il à des pressions extérieures ? Le timing, intervenant peu après la tournée européenne de la commissaire Hadja Lahbib, n'est probablement pas un hasard. Cette dernière, après avoir qualifié la situation humanitaire de « catastrophique » à l'est de la RDC, a martelé l'impératif du respect du droit international humanitaire et rencontré des dirigeants de la rébellion, envoyant un signal ambigu à Kinshasa.

En procédant à cette ouverture, le gouvernement de la RDC cherche peut-être à montrer sa bonne volonté et sa capacité d'action face aux attentes internationales. Une manœuvre politique habile, mais qui reste un pari périlleux tant que la sécurité des populations et la souveraineté de l'État ne sont pas pleinement et durablement rétablies dans la région.

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